

Lomé, Juin 2025 – En réponse aux menaces croissantes que représentent le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (LBC/FT), les acteurs clés du secteur de l'assurance au Togo ont été réunis pour une session de formation cruciale. Organisée les 10 et 11 juin par la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF) en collaboration avec le Comité national de coordination (CONAC), cette initiative visait à armer les compagnies d'assurance et leurs intermédiaires contre les risques financiers criminels.
UN SECTEUR VULNÉRABLE ET CIBLÉ
L'atelier a débuté par un constat sans équivoque : le secteur des assurances, de par sa forte liquidité, la diversité de ses produits et la multiplicité de ses acteurs, constitue une cible de choix pour les criminels cherchant à intégrer des fonds illicites dans le circuit financier légitime. Cette vulnérabilité intrinsèque place la profession en première ligne dans le combat pour l'intégrité du système économique.
Dans son discours d'ouverture, M. Stéphane Akaya, Secrétaire général du ministère de l'Economie et des Finances, a rappelé la gravité de l'enjeu. « Le blanchiment et le financement du terrorisme ne sont pas des infractions comme les autres. Ce sont des menaces qui sapent les fondements de notre économie, fragilisent la stabilité financière et exposent notre pays à des risques de réputation, ainsi qu’à des sanctions internationales », a-t-il souligné.
SENSIBILISER ET RESPONSABILISER LES ACTEURS CLÉS
L'objectif principal de cette rencontre était de renforcer les capacités des dirigeants et de les sensibiliser à leurs obligations légales. Les participants ont ainsi suivi des communications détaillées sur les techniques de blanchiment et de financement du terrorisme, les cadres légaux et réglementaires en vigueur au Togo, ainsi que les meilleures pratiques en matière de prévention, de détection et de déclaration des opérations suspectes.
M. Tchaa Bignossi Aquiteme, Président de la CENTIF, a invité les professionnels à « prendre pleinement conscience de leur rôle stratégique et de leurs responsabilités dans l’identification des opérations suspectes et dans la mise en œuvre de mécanismes efficaces pour contrer ces risques ». Il a insisté sur le fait que les dirigeants occupent une place centrale dans le dispositif de détection, faisant de leur vigilance un rempart essentiel.
UNE COOPÉRATION RENFORCÉE POUR UNE ACTION COLLECTIVE
Au-delà de la simple formation, cet atelier visait à promouvoir une meilleure coordination et une coopération étroite entre les acteurs publics et privés. L'accent a été mis sur la nécessité de partager les expériences pour renforcer l'action collective.
M. Akaya a précisé les attentes concrètes : « Ce rôle implique une connaissance approfondie des clients, une vigilance soutenue sur les opérations suspectes, une déclaration diligente des cas à la CENTIF, et une coopération étroite avec les autorités compétentes ». L'efficacité du dispositif national, a-t-il rappelé, repose largement sur la capacité des secteurs économiques régulés à agir avec « responsabilité, anticipation et rigueur ».
VERS UNE CULTURE DU RISQUE RENFORCÉE
Enfin, cette session de sensibilisation a constitué une opportunité unique pour les assureurs et intermédiaires d'approfondir leurs connaissances et de consolider leur engagement collectif. En renforçant la culture du risque au sein des institutions, la CENTIF et le CONAC espèrent bâtir un écosystème financier plus résilient et plus sûr.
Cette initiative démontre la volonté des autorités Togolaises de se doter des outils nécessaires pour préserver la stabilité économique du pays et lutter efficacement contre les crimes financiers sous toutes leurs formes.
