

Lomé, 25-26 Septembre 2025 – En réponse directe à la recrudescence de la menace terroriste dans la sous-région, le Togo a entrepris une démarche cruciale pour muscler son arsenal législatif. Un atelier national de renforcement des capacités, dédié à la mise en œuvre des Sanctions Financières Ciblées (SFC), s’est tenu les 25 et 26 septembre. Cet événement, qui a rassemblé officiels, experts et acteurs nationaux, visait à combler le fossé entre le cadre juridique existant et son application effective sur le terrain.
Un dispositif essentiel mais à parfaire
Les sanctions financières ciblées sont unanimement reconnues comme un outil essentiel pour asphyxier les réseaux terroristes en gelant leurs avoirs et en perturbant leurs circuits de financement. Pourtant, une évaluation mutuelle récente a mis en lumière les limites du dispositif togolais, jugé « peu opérationnel ». Parmi les obstacles identifiés : un cadre juridique et institutionnel encore insuffisant, des procédures de notification trop lentes et une mobilisation inégale des parties prenantes.
Dans un contexte sécuritaire volatile, cette réactivité défaillante constitue un risque pour la sécurité nationale. Comme l'a rappelé M. Tchaa Bignonsi Aquiteme, Président de la CENTIF (Cellule nationale de traitement des informations financières), « l’efficacité et la réactivité dans la mise en œuvre de ces sanctions apparaissent comme un impératif stratégique ».La CCGA, pilote d'une réponse coordonnée
Pour se conformer aux exigences du Conseil de Sécurité des Nations Unies et du Groupe d’action financière (GAFI), le Togo a mis en place la Commission Consultative sur les mesures de Gel Administratif (CCGA). Cette instance a pour mission de coordonner l'application rigoureuse de ces mesures préventives, qui sont indépendantes des procédures pénales. Leur but est triple : décourager les soutiens au terrorisme, déjouer leurs plans et assécher leurs sources de financement.
Lors de l'ouverture des travaux, M. Aquiteme, représentant le président de la CCGA, a lancé un appel à la synergie : « Ces mesures exigent la participation inclusive de tous les acteurs nationaux pour être efficaces ». Il a invité tous les participants à soutenir les efforts de la commission pour garantir l'opérationnalité du système.
Une mobilisation nationale et internationale
L'atelier s'est fixé pour objectifs de clarifier les attributions de chaque autorité compétente, d'harmoniser les procédures et de favoriser la coopération entre les secteurs public et privé. Cette démarche s'inscrit dans une volonté affichée de se conformer aux normes internationales.
Mme Akou Mawusse Adetou Afidenyigba, Directrice de cabinet du ministre de l’Économie et des Finances, a souligné l'engagement du gouvernement. « Le Togo ne ménage aucun effort pour s’assurer de la mise en œuvre des exigences du GAFI », a-t-elle déclaré, ajoutant que cela passait par « l’adoption de textes adaptés, mais aussi et surtout, le renforcement continu des capacités de nos autorités compétentes ».Vers une liste nationale de sanctions
L'efficacité de ce combat de longue haleine repose sur la capacité collective à agir rapidement et de manière coordonnée. Le Togo travaille désormais à l'établissement d'une liste nationale de sanctions ciblées contre les personnes et entités qui financent le terrorisme. Les recommandations issues des riches débats de cet atelier sont attendues pour consolider le dispositif national et transformer ces engagements en actions concrètes, afin de préserver la paix, la sécurité et l'intégrité du système financier togolais.
